J'ai beaucoup de livres de cuisine que je ne feuillète presque plus, car comme beaucoup d'entre nous, je vais sur internet (Marmiton, pour ne pas le nommer), où l'on trouve toutes sortes de recettes originales ou pas.
On peut même consulter les commentaires de celles qui l'ont réalisé et faire des ajustements selon le ou les commentaires déposés, pour adapter la recette à nos goûts personnels.
Dans les livres culinaires on peut noter une évidence. Dans une cuisine de restaurant les hommes sont en majorité, par contre dans les maisons familiales, ce sont les femmes qui sont en majorité.
Une évidence s'impose. que l'on cuisine dans un restaurant ou dans la maison familiale le traitement de celui ou celle qui cuisine n'est pas le même.
Au restaurant l'homme qui cuisine est appelé Chef et l'armée d'apprentis et de commis qui l'entoure se met au garde à vous ou hurle OUI CHEF, dès qu'il entreprend de se frotter le nez ou le menton.
A la maison la femme qui cuisine on l'appelle Maman, Chérie, ma Caille, ma Lolotte etc... et la marmaille qui l'entoure se mouche le pif dans ses jupes, pioche dans les hors d’œuvre et sauce sans vergogne dans les plats avant même de passer à table.
Au restaurant l'homme qui cuisine à le droit de crier après tout le monde devant les caméras du monde entier
A la maison la femme qui cuisine c'est sur elle que l'on braille si la pitance n'est pas servie avant le début du feuilleton télé.
Au restaurant l'homme qui cuisine fait goûter ses œuvres à quelques initiés qui se pâment devant tant de talent
A la maison la femme qui cuisine fait goûter sa popote à des pinailleurs qui frisent du nez d'un air dubitatif en s'interrogeant :
"Qu'est-ce que c'est ?
C'est bizarre, ça à comme un goût de savon...
Le chien (ou le chat) il a goûté lui ?"
Ce qui fait défaut à la femme qui cuisine c'est le manque de poésie dans l'énoncé de ses plats :
Quand la femme claironne : "Ce soir c'est jambon purée".
Le chef annonce triomphalement :
"Ecrasée de Benottes (pommes de terre primeures de Noirmoutier)
au lait frais sur chiffonnade de porc fumé".
Une leçon accélérée de linguistique culinaire pour nous les femmes qui cuisinons s'impose :
ON NE DIRA PLUS :
"Je n'avais plus de salade, à la place j'ai cueilli des pissenlits et utilisé le fond de vinaigrette d'hier"
MAIS ON DIRA
"Au menu de ce soir mesclun d'herbes folles en nage de vinaigre vieux"
ON NE DIRA PLUS
"Ce soir on mange les restes"
MAIS ON DIRA
"Ce soir Mille talents de Maman en gratinée"
ON NE DIRA PLUS
"Les légumes sont trop cuits. Une amie a appelé en larmes pendant que je préparais le diner"
MAIS ON DIRA
"Compotée du jardin au sel de chagrin"
ON NE DIRA PLUS
"Ce midi c'est steak-mousseline"
MAIS ON DIRA
"Pièce du boucher et son écrasée de pommes gourmettes"
ON NE DIRA PLUS
"J'ai fait une pizza au ketchup, je n'avais plus de sauce tomate"
MAIS ON DIRA
"Tarte sucré-salé façon Little Italy"
ON NE DIRA PLUS
"J'ai laissé tomber la salière dans les p'tits pois"
MAIS ON DIRA
"Ce soir c'est Jardinière en saumure"
Pour le repas de ce midi, j'ai voulu testé.
Au lieu de dire :
On finit le reste du veau marengo aux carottes d'hier.
J'ai annoncé :
"Un confit de bêlant aux légumes fanes de Panpan !!!
L'Homme de la maison a semblé dubitatif à l'énoncé du plat, pfffttt... n'y connaît rien à la poésie cet Homme...
Bon ce n'est pas gagné, il va falloir faire preuve d'imagination pour nommer un plat, et ça un Chef épaulé par sa brigade n'en manque pas.
La maisonnée risque de ne pas s'y retrouver, pourtant que ne ferait-on pour quelques minutes de gloire... qui seront hélas bien vite refroidies par les sarcasmes...
Ah la famille... je te h...aime !!!